Zika et maladie de Lyme : Quand la recherche sort de ses murs!

Par Mélanie Beaudoin 23 novembre 2016 10:50:00

Moustique tigre - photo gratuite by Pixabay

L’équipe de maladies infectieuses de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a mené des travaux intéressants en lien avec les changements climatiques et les zoonoses au courant de l’été. Deux projets de recherche ont été financés par l’Agence de santé publique du Canada : l’Évaluation des conditions locales propices à l’établissement potentiel du moustique Aedes albopictus, et l’Évaluation de facteurs de risques influençant l’incidence des cas de maladie de Lyme au Québec.

Évaluation des conditions locales propices à l’établissement potentiel du moustique Aedes albopictus

L’équipe de l’INSPQ a terminé son travail sur le terrain le 29 septembre dernier. Anne-Marie Lowe, l’une des auteurs, explique :

« Dans la foulée du Zika, les États-Unis ont essayé de cibler les moustiques vecteurs Aedes albopictus et Aedes aegypti. La majorité des cartes indiquent que ces insectes se retrouvent au nord du pays, jusqu’au New Hampshire et au Vermont, donc à une centaine de kilomètres de la frontière du Québec. On a donc voulu savoir si le vecteur était présent au nord de cette limite géographique. Pour ce faire, nous avons proposé un plan de surveillance entomologique pour l’été 2016. »

La principale hypothèse était que le principal mode d’expansion de ce moustique était la diffusion autour de ses lieux d’établissement, via les transports de personnes et le transport de marchandises, principalement par les voies routières. Ainsi, les quatre trajets principaux pour l’entrée de marchandises, au Québec, ont été observés. Des pièges à moustiques ont été installés dans les haltes routières, dans des stations-service et aux postes de douanes. Pendant deux mois, les sites de piégeage ont été visités pour la collecte de spécimens sur des périodes de 24 heures, 2 journées par mois. Les moustiques adultes ont été envoyés à l’Agence de santé du Canada pour leur identification à l’espèce. Une fois terminé, ce projet permettra de mieux caractériser le risque d’établissement d’Aedes albopictus aux zones de passage de la frontière canado-américaine, et d’avoir une période de référence pour le futur.

Évaluation de facteurs de risques influençant l’incidence des cas de maladie de Lyme au Québec

Une collecte majeure d’informations a aussi été faite sur la maladie de Lyme par le biais de projets de recherche et du plan provincial de surveillance. Sur le terrain, plus de 110 sites ont été visités cet été, en collaboration avec l’Université de Montréal et le réseau de la santé publique fédéral et provincial. Ariane Adam-Poupart, de l’INSPQ, explique :

« Des étudiants ont arpenté les parcs, marchant avec des draps de flanelle dans les longues herbes, pour vérifier la présence des tiques vectrices de la maladie de Lyme. Le principe est simple : si des tiques sont présentes, elles vont s’accrocher au tissu comme elles le feraient sur des animaux ou des humains. On vérifie par la suite l’espèce des tiques collectées à l’aide de la flanelle et la présence d’agents pathogènes dans ces tiques ».

Tous les sites visités ont été choisis en collaboration avec les directions de santé publique de dix régions sociosanitaires. Mme Adam-Poupart raconte :

« Parmi les projets de recherche, une étude a été menée spécifiquement en Montérégie et en Estrie, les deux régions du Québec où les risques d’acquisition de la maladie sont les plus élevés. Des collectes se sont déroulées dans parcs publics de vingt municipalités où au moins trois cas de maladie de Lyme ont été acquis, et dans vingt autres municipalités qui présentaient des caractéristiques communes. On cherche à savoir pourquoi, dans des municipalités similaires et rapprochées géographiquement, certaines voient surgir des cas de maladie de Lyme et d’autres non ».

L’été a aussi permis de former des étudiants de l’Université McGill afin qu’ils connaissent et comprennent bien le protocole de collecte des tiques et puissent poursuivre les études et la surveillance à l’Arboretum Morgan de Sainte-Anne-de-Bellevue.

Pour plus d’informations sur ces projets, deux articles ont été publiés dans Le Devoir, à l’été 2016, sur le sujet :

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