Zika et maladie de Lyme : les efforts se poursuivent!

Par Mélanie Beaudoin 28 juin 2017 14:07:00

D’intéressants travaux en lien avec les changements climatiques et certaines zoonoses ont été réalisés en 2016 par l’INSPQ. Deux projets de recherche, présentés dans le bulletin de l’automne 2016, se poursuivent cet été en lien avec le Zika et la maladie de Lyme.

Évaluation des conditions locales propices à l’établissement potentiel du moustique Aedes albopictus

Un projet de recherche a été mis sur pied en 2016 de manière à documenter les populations de moustiques endémiques dans le sud de la province, ainsi qu’une éventuelle introduction d’espèces vectrices du virus Zika (certaines espèces de moustiques, notamment Aedes albopictus) par transports routiers. Plus exactement, ce programme consistait à déployer des pièges à moustiques le long des principaux trajets d’entrées marchandes en provenance des États-Unis (dans des haltes routières, des stations-service ainsi qu’aux postes frontaliers canado-américains de la Montérégie et de l’Estrie). Il a été établi qu’aucune des espèces vectrices principales du virus Zika ne se retrouve actuellement dans la province, mais la présence documentée de « moustique-tigre » (Aedes albopictus) dans certains États américains limitrophes au Québec confirme la possibilité d’introduction ponctuelle de vecteurs dans la province.

L’expérience de l’an dernier sera donc reprise, avec essentiellement le même protocole : les sites seront visités à intervalle régulier (9 fois entre juin et septembre) au courant de la saison estivale afin d’y déposer différents types de pièges servant à capturer des moustiques (œufs et adultes). Compte tenu des précipitations importantes et des inondations du printemps, la saison s’annonce particulièrement intéressante d’un point de vue entomologique.

Les résultats obtenus cette année seront colligés avec ceux de l’année dernière pour documenter la variation spatio-temporelle des populations de moustiques dans le sud de la province. Une fois terminé, ce projet permettra de mieux caractériser le risque d’établissement du moustique-tigre aux zones de passage de la frontière canado-américaine, et d’avoir une période de référence pour le futur.

Évaluation de facteurs de risques influençant l’incidence des cas de maladie de Lyme au Québec

Une centaine de sites ont été sillonnés au courant de l’été 2016 pour documenter l’abondance, la distribution et l’établissement de tiques ainsi que le taux d’infection au pathogène responsable de la maladie de Lyme (la bactérie Borrelia burgdorferi) dans des municipalités de dix régions sociosanitaires.

Le programme de surveillance est reconduit cet été dans les dix régions où l’établissement d’Ixodes scapularis (principal vecteur de transmission de la maladie de Lyme) a déjà été documenté, en priorisant les municipalités où le risque était jusqu’à présent peu ou non documenté. Pour chacune de ces régions, deux sites sentinelles (visités deux fois pendant la saison) et cinq sites secondaires (visite unique) seront échantillonnés par des étudiants de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal par la méthode du drap de flanelle. Les tiques collectées seront envoyées au Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) pour identification taxonomique, puis, le cas échéant, au Laboratoire national de microbiologie (LNM) de Winnipeg pour détection de pathogènes.

L’information découlant de ce programme s’est avérée fort utile jusqu’à présent, permettant notamment de fournir aux intervenants et aux décideurs en santé publique les connaissances nécessaires pour orienter les interventions préventives, tout en facilitant l’identification des municipalités endémiques et en soutenant les cliniciens dans le diagnostic et le traitement de la maladie (INSPQ, 2016).

De plus, un volet de recherche supplémentaire en surveillance active sera financé. Bien qu’il soit encore en développement, les lignes directrices de ce projet seront de faire une collecte de tiques durant l’automne afin de comparer les résultats avec ceux des collectes estivales, et de profiter de ces visites dans les parcs pour offrir une formation aux travailleurs sur la maladie de Lyme pour leur protection personnelle, mais également sur la collecte des tiques afin qu’ils puissent mener eux-mêmes des opérations de surveillance dans le futur.

Pour en savoir plus :

Niveau avancébouton régulier