Quand Dame Nature se déchaîne…

Par Mélanie Beaudoin 8 mai 2017 11:49:00

Alors qu’il y a un an, l’incendie de Fort McMurray faisait rage, c’est au Québec, ce printemps, de subir les forces de la nature. Plusieurs régions sont fortement touchées par des inondations, et les villes de Montréal, Laval et Rigaud, notamment, ont décrété l’état d’urgence au cours du week-end.

Différentes causes pourraient expliquer les fortes précipitations reçues. Denis Thibodeau, météorologue à Environnement Canada, explique que trois dépressions en provenance du Texas ont abouti au Québec, la première alors qu’il y avait toujours une couche importante de neige au sol. De plus, la nappe phréatique, au Québec, n’est jamais très loin sous la surface du sol, selon François Brissette, ingénieur hydrologue et professeur à l’École de technologie supérieure. « Donc, s’il pleut beaucoup, la nappe se retrouve près du niveau de surface. Quand la nappe phréatique est pleine, l’eau s’en va vers le cours d’eau plus vite, et on a un gonflement rapide. » Les fortes précipitations de neige reçues cet hiver, couplées avec la fonte rapide de celle-ci et les pluies plus abondantes d’avril et mai, font en sorte que les rivières débordent, ajoute-t-il.

Bien qu’il serait hasardeux de mettre sur le seul compte des changements climatiques les récents événements, pour le professeur Nicolas Minot, de l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM, « l’incertitude climatique et hydrologique est augmentée par les changements climatiques et va l’être sans cesse. Les changements climatiques favorisent l’apparition d’événements qui sortent de la normale ». Alain Bourque, directeur général d’Ouranos, abonde dans le même sens. « À peu près tous les simulateurs climatiques de la planète s’entendent pour dire que, sur le sud du Québec, on verra plus de précipitations l’automne, l’hiver et le printemps ».

Que faire, alors, si l’on se trouve en situation d’inondations? Quelques recommandations de Daniel Dancause, conseiller principal spécialisé en mesures d’urgence et gestion de crise :

  • Être à l’écoute des médias – traditionnels et sociaux – pour être informés des consignes;
  • Respecter les consignes émises par sa municipalité;
  • Faire ses valises (sans oublier ses médicaments), mettre ses biens à l’abri et se préparer à quitter son domicile, avant même un ordre d’évacuation;
  • Couper le gaz et l’électricité (sauf si l’eau a déjà gagné la résidence, auquel cas Hydro-Québec s’en occupera);
  • Prévoir une réserve d’eau potable pour trois jours et des aliments non périssables;
  • Être prudents avec les appareils d’appoint pour éviter une intoxication au monoxyde de carbone;
  • Signaler aux autorités toute situation dangereuse, par exemple des fils électriques tombés;
  • Ne pas tenter de récupérer des objets emportés par les vagues ou le courant, sous risque d’être emporté soi-même.

Par ailleurs, de tels événements ne sont pas sans heurts pour la santé mentale. Urgence Québec recommande de consulter un professionnel de la santé : un intervenant social est disponible 7 jours sur 7, 24 h par jour, à Info-Santé (811). Lors des inondations de Saint-Jean-sur-Richelieu, en 2011, beaucoup de problématiques s’étaient développées dans la population en lien avec des troubles d’adaptation, comme des dépressions, de l’anxiété… Épuisement, deuil de la perte de la résidence, difficultés au travail et perte d’emploi avaient été vécus par les sinistrés. Une équipe de soutien psychosocial avait rapidement été déployée et était présente sur le terrain 7 jours par semaine. Au-delà de la période de crise elle-même, la population continue de vivre des impacts qui peuvent affecter la santé, c’est pourquoi une équipe de rétablissement avait été mise en place.

Le soutien dont bénéficieront les sinistrés du sud du Québec à court, moyen et long sera assurément primordial pour leur santé.

Références :

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