Sous-région maritime

Des régions côtières menacées

Région maritime

La sous-région maritime comprend l’estuaire et une partie du golfe du Saint-Laurent. La population de cette sous-région est passée de 430 000 personnes en 1971 à 395 000 personnes en 2004. Plus du tiers de cette population vivrait à moins de 500 m des berges du Saint-Laurent, et plus de 90 % à moins de 5 km. Les collectivités dépendent en général de la zone côtière pour leur bien-être et leur sécurité sur les plans économique et social. Les collectivités de l’intérieur des terres ressemblent davantage à celles de la sous-région centre.

Les zones côtières, comme les rives du golfe du Saint-Laurent, sont vulnérables aux changements climatiques. Le réchauffement climatique pourrait modifier le rythme d’érosion (usure) des berges et augmenter les risques d’affaissement.

Avec le réchauffement du climat, les glaces de mer qui empêchent la formation des grosses vagues de tempêtes fondent de plus en plus. Les vagues frappent donc les côtes, qui sont sensibles à l’érosion. Cette érosion est d’ailleurs aggravée avec l’augmentation du nombre de cycles de gel-dégel. Et comme le niveau de la mer est en hausse, les plages reculent peu à peu. Tous ces changements sont déjà visibles aux Îles-de-la-Madeleine, par exemple.

Plusieurs autres effets du réchauffement des températures sur la zone côtière du golfe du Saint-Laurent sont à prévoir:

  • hausse du niveau de la mer;
  • changements de fréquence des pluies et des tempêtes hivernales;
  • changements de fréquence des redoux et des cycles de gel-dégel;
  • disparition des glaces de mer et des glaces de rivage.

Hausse du niveau de la mer

Dans le golfe du Saint-Laurent et dans l’Atlantique Nord-Ouest, on observe de grandes variations du niveau de la mer. Le niveau moyen annuel du golfe peut varier d’environ 15 cm sur une dizaine d’années.

La croûte terrestre présente un affaissement dans le sud du golfe du Saint-Laurent, et une légère émergence dans le nord. Les Îles-de-la-Madeleine et la baie des Chaleurs subiraient donc à la fois un affaissement des côtes et la hausse du niveau de la mer. Aux Îles-de-la-Madeleine, on en remarque déjà les effets : affaissement des plages et recul important des côtes.

Changements de fréquence des pluies et des tempêtes hivernales

Les tempêtes font varier le niveau d’eau, produisent de fortes vagues et des pluies abondantes. Les niveaux d’eau élevés combinés aux fortes vagues sont l’une des causes majeures de dommages aux infrastructures et d’érosion (usure) des berges. On prévoit que le nombre total de tempêtes diminuera dans le golfe du Saint-Laurent. Par contre, le nombre total de vagues de tempêtes augmentera. Cette apparente contradiction s’explique par la disparition rapide des glaces de mer.

Changements de fréquence des redoux et des cycles de gel-dégel

Le réchauffement des températures entraîne aussi l’augmentation des redoux pendant l’hiver et des cycles de gel-dégel. Or, certains types de sols ont tendance à se fractionner lors de la succession de gel et de dégel. C’est le cas des talus argileux de la Côte-Nord, ainsi que des falaises de grès friables des Îles-de-la-Madeleine et de la baie des Chaleurs. Une augmentation du nombre de périodes de redoux pendant la saison froide favorise l’érosion de ces falaises.

Disparition des glaces de mer et des glaces de rivage

Les changements du climat ont des conséquences directes sur la durée et l’importance des glaces de mer et des glaces côtières. Lorsqu’elles sont assez importantes, les glaces de mer peuvent empêcher la formation des vagues causées par les vents de tempêtes. Plus du tiers de ces tempêtes se produisent pendant les mois d’hiver. Comme ces vagues provoquent l’érosion des rives, les glaces de mer ralentissent indirectement l’érosion.

Les taux d’érosion ont fortement augmenté au cours des 10 dernières années dans la région de Sept-Îles. Ces taux plus élevés seraient liés, d’une part, au plus grand nombre de tempêtes hivernales produisant des vagues et, d’autre part, à la réduction des glaces de mer.

Des scénarios climatiques ont démontré que la saison des glaces de mer diminuera des deux tiers d’ici 2050. Elles auront complètement disparu avant la fin du siècle dans le golfe du Saint-Laurent. Donc, même si le nombre de tempêtes diminue, la quantité de fortes vagues atteignant les côtes devrait augmenter.

Tous ces changements climatiques ont des effets notables sur l’environnement naturel ou bâti, les animaux et la santé humaine.

Changements saisonniers de températures et de précipitations : sous-région maritime
Saison Changement à l'horizon
2020 2050 2080
Hiver Températures 1,4 à 2,2 °C 2,5 à 3,8 °C 3,4 à 5,0 °C
Précipitations 2,8 à 9,7 % 6,5 à 15,4 % 12,6 à 22,9 %
Printemps Températures 0,8 à 1,5 °C 1,6 à 2,7 °C 2,2 à 4,1 °C
Précipitations 0,3 à 8,1 % 3,1 à 11,5 % 8,8 à 18,5 %
Été Températures 0,9 à 1,6 °C 1,7 à 2,7 °C 2,2 à 3,8 °C
Précipitations -1,9 à 5,2 % -1,4 à 5,7 % -4,0 à 7,1 %
Automne Températures 1,1 à 1,6 °C 1,9 à 2,8 °C 2,3 à 4,1 °C
Précipitations -2,8 à 3,6 % -2,0 à 7,1 % -0,9 à 10,1 %

Source: Meehl et al., 2007. Dans Ouranos (2010). Savoir s’adapter aux changements climatiques. Note: Changements saisonniers de températures et de précipitations pour la sous-région nord du Québec évalués à partir d’un ensemble de 126 simulations climatiques globales. Les changements sont calculés par rapport au climat de 1961-1990; les valeurs correspondent aux 25e et 75e quantiles des changements projetés. L’ensemble inclut trois scénarios d’émissions de gaz à effet de serre (SRES A1B, A2 et B1), 20 modèles de climat globaux (MCGs) et plusieurs membres en combinaison MCG/SRES.

Informations complémentaires

Les liens et documents suivants vous permettent d'en apprendre davantage sur les changements climatiques au Québec.

  • pdfVivre les changements climatiques au Canada : édition 2007 (Chapitre 5)
    Ce chapitre du document Vivre les changements climatiques au Canada : édition 2007 porte plus particulièrement sur le Québec. Les auteurs principaux, Alain Bourque et Guillaume Simonet, mettent à jour les évaluations existantes en matière de sensibilités, d'impacts et d'adaptations au changement climatique afin de contribuer à la compréhension et à la recherche de pistes de solutions au phénomène, en présentant une synthèse des informations concernant le Québec.
  • pdfOuranos - Savoir s’adapter aux changements climatiques
    Ce document se veut un portrait des connaissances actuelles en matière de climatologie régionale et d'adaptation aux changements climatiques, accessibles à tous les Québécois qui veulent s’informer sur les enjeux des changements climatiques dans leur région et leur domaine d’activité.
  • pdfLes impacts santé des changements climatiques au Québec
    Ce chapitre du document Santé humaine et changements climatiques : Évaluation des vulnérabilités et de la capacité d'adaptation au Canada produit par Santé Canada en 2008 porte plus particulièrement sur le Québec.
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