S’ADAPTER AU FROID INTENSE

En 2015, le Québec a été l’un des seuls endroits où l’hiver fut plus froid qu’à l’habitude; presque partout ailleurs dans le monde, les premiers mois de l’année ont été les plus chauds jamais enregistrés depuis 1880. Cela paraît contradictoire, mais c’est possible, car « le réchauffement climatique ne signifie pas que l'été durera jusqu'en janvier, mais plutôt que la météo connaîtra des sautes d'humeur extrêmes d'une saison à l'autre », comme des vagues de froid intense sur le Québec auquel il faudra encore s’adapter.

Pour bien profiter de l’hiver

Adaptation

S’adapter lors des sorties

Informez-vous des conditions météorologiques de votre région :

  • Avant de sortir, prenez connaissance des prévisions météo d’Environnement Canada;

Habillez-vous chaudement selon la température extérieure :

  • Revêtez plusieurs couches de vêtements, avec une couche extérieure résistant au vent;
  • Couvrez-vous adéquatement la tête, le nez, la bouche, le cou, les mains et les pieds;
  • Portez des bottes chaudes et imperméables, mais aussi adéquates pour réduire les chutes sur un sol glissant;
  • Ne restez pas de longues périodes à l’extérieur sans protection appropriée;

Si vous prenez des médicaments :

  • Consultez un professionnel de la santé pour savoir si, en cas de froid, votre problème de santé vous rend plus à risque. Certains médicaments peuvent provoquer ou aggraver les effets du froid;

Si vous devez sortir pendant un avertissement de froid extrême (au Québec, un avertissement de froid extrême indique que la température atteindra -38 °C [incluant le facteur éolien] pendant au moins deux heures) :

  • Restez le moins possible à l’extérieur;
  • Restez actif et maintenez un certain niveau d’exercice régulier, telle la marche. Mais limitez les efforts physiques vigoureux, comme pelleter la neige ou courir;
  • Prenez des répits dans des endroits chauds et à l’abri des vents;
  • Évitez de mouiller vos vêtements, car les vêtements mouillés refroidissent le corps rapidement. Si vos vêtements se mouillent, changez-les aussitôt que possible. Vous pouvez aussi retirer une couche de vêtement dès que vous commencez à transpirer;
  • Ne buvez pas de boissons alcoolisées et ne fumez pas, car cela ne réchauffe pas. Au contraire, cela peut faire descendre encore plus la température de votre corps.

S’adapter en automobile

Préparez-vous à utiliser votre voiture :

  • Équipez les sièges de housses de tissu pour réchauffer la voiture de façon beaucoup moins dommageable pour la qualité de l’air et le climat que la marche au ralenti;
  • Portez des vêtements adéquats, même pour un voyage en automobile;
  • Par temps très froid, servez-vous d’un chauffe-moteur afin d’économiser du carburant et de créer moins de pollution qu’au cours des premières minutes après un « démarrage à froid ». Inutile de laisser votre véhicule branché toute la nuit; deux heures avant de conduire son véhicule suffisent. L’utilisation d’une minuterie automatique pour régler le chauffe-moteur est donc indiquée ici, dans une perspective d’économie de l’énergie;

Si vous devez prendre la voiture pendant un avertissement de froid extrême (au Québec, un avertissement de froid extrême indique que la température atteindra -38 °C [incluant le facteur éolien] pendant au moins deux heures) :

  • Préparez-vous à la possibilité de faire face à une immobilisation prolongée dans le froid : ayez un téléphone (bien chargé), et approvisionnez-vous en quantité suffisante de bouteilles d’eau, de nourriture, de couvertures ou de vos médicaments.

S’adapter à la maison

Préparez-vous avant l’hiver :

  • Effectuez des travaux d’entretien nécessaires afin de préparer la maison pour l’hiver (p. ex., calfeutrage des fenêtres et des portes);
  • Assurez-vous que votre appareil de chauffage fonctionne bien et que la cheminée a été ramonée;

Si vous êtes à la maison pendant un avertissement de froid extrême (au Québec, un avertissement de froid extrême indique que la température atteindra -38 °C [incluant le facteur éolien] pendant au moins deux heures) :

  • Restez le plus possible chez vous;
  • Chauffez votre logement comme d’habitude pour maintenir la température ambiante à un minimum de 19 °C;
  • Calfeutrez les portes et les fenêtres pour empêcher les infiltrations d’air froid;
  • Si vous utilisez un poêle à bois ou des chauffages d’appoint, assurez-vous de leur bonne ventilation : attention à l’intoxication au monoxyde de carbone. Équipez-vous d’un détecteur à monoxyde de carbone et vérifiez la cheminée en début de saison;
  • Si vous devez utiliser un groupe électrogène (par exemple, l’électricité est coupée), il doit impérativement être placé à l’extérieur des habitations : attention à l’intoxication au monoxyde de carbone ici aussi.

S’adapter collectivement

Pour mieux s’adapter au froid intense, le Gouvernement du Québec et les municipalités ont déjà mis en place (ou le feront bientôt) divers règlements et programmes; en voici quelques exemples :

  • Le Code de construction du Québec en 2012, dont les nouvelles exigences permettront d’améliorer la qualité de l'air et le confort des occupants;
  • Les programmes d’efficacité énergétique (comme Rénoclimat), qui sont offerts pour soutenir financièrement les propriétaires au moment d’améliorer l’isolation thermique des murs, des combles et des fondations de leur habitation;
  • Le maintien d’un moratoire chez Hydro-Québec, qui vise à ne pas débrancher un client (pour difficulté de paiements) du 1er décembre au 31 mars ou en dehors de cette période si la météo l’exige (par exemple, dès novembre s’il fait déjà très froid);
  • Le Règlement sur les appareils de chauffage au bois, qui interdit la fabrication, la vente et la distribution d’appareils de chauffage au bois trop polluants pour l’air au Québec;
  • Le Règlement concernant les appareils et les foyers permettant l’utilisation d’un combustible solide de la Ville de Montréal, qui vise entre autres à interdire de chauffer au bois lors d’un avertissement de smog, à partir de 2016. Contrairement à Montréal, les autres grands centres urbains du Québec n’ont pas de pouvoirs délégués sur la qualité de l’air; ils doivent donc seulement se soumettre au Règlement provincial;
  • Le financement du développement des modes de transport collectif (p. ex., autobus), alternatif (p. ex., covoiturage) et actif (p. ex., vélo quatre saisons), qui vise à réduire la pollution atmosphérique due aux véhicules privés, même en hiver;
  • La réglementation de la marche au ralenti dans plusieurs municipalités du Québec car, en laissant tourner inutilement le moteur lorsque le véhicule est immobilisé, les conducteurs contribuent à la pollution de l’air, aux changements climatiques et aux problèmes de santé qui en découlent;
  • Le développement du télétravail, puisqu’il demeure l’une des solutions proposées pour diminuer la congestion routière et les changements climatiques;
  • Diverses activités de vigie et de surveillance des personnes les plus vulnérables lors d’épisodes de froid intense, grâce à la santé et la sécurité publiques, comme les patrouilles qui ont été mises sur pied par des agents du Service de police de la Ville de Montréal, accompagnés d'une travailleuse sociale, afin d’inviter des sans-abri à dormir à l’intérieur. En cas de refus, les patrouilles distribuent des tuques, des foulards et des gants, ainsi que de la nourriture. À Québec, un centre de réchauffement aux règles plus souples vient aussi d’ouvrir pour venir en aide à ces personnes.
 

Informations complémentaires

Les liens et documents suivants vous permettent d'en apprendre davantage sur le froid intense et les autres aléas d'hiver.

Calfeutrage des fenêtres et des portes

L’action de calfeutrer permet d’arrêter les entrées et les sorties d’air entre l’extérieur et l’intérieur d’une maison. Les endroits les plus sensibles sont habituellement les portes et les fenêtres. Pour calfeutrer efficacement, il faut utiliser un pistolet à calfeutrage, qui appliquera une matière plastique isolante aux endroits voulus.

Chauffage résidentiel au bois

Au Québec, le nombre de logements dans lesquels on a recours au chauffage au bois a pratiquement doublé de 1990 à 2010. Ce type de chauffage émet toutefois des polluants qui contribuent au smog durant l’hiver, surtout lorsqu’il ne vente pas, que l’air froid stagne au niveau du sol, ou durant les soirées de fin de semaine, auquel moment la pollution dans l’air augmente si rapidement qu’elle peut facilement doubler en quelques heures. Or, la fumée de bois peut affecter la santé de tous, mais tout spécialement celle des enfants (car leur appareil respiratoire est en développement) et des personnes souffrant déjà de problèmes cardiaques ou respiratoires (p. ex., l’asthme).

Pour en savoir davantage sur les risques de la fumée de bois sur la santé et les façons de les prévenir, consultez la section La qualité de l’air sur le site de Santé Canada.

Émissions de gaz à effet de serre (GES) produites par les véhicules privés

En 2007, la contribution du Québec aux GES résultant de la combustion d'essence et de carburant diesel de son parc de véhicules privés totalisait 12 274 kt; seule la contribution de l’Ontario (22 384 kt) lui était plus élevée. Des régions métropolitaines de recensement du Canada, Montréal avait toutefois la plus faible quantité d'émissions par habitant (1 219 kg).

La marche au ralenti

La marche au ralenti n'est pas une façon efficace de faire chauffer le moteur; le réchauffe-moteur, si! De plus, la marche au ralenti n’agit pas sur les autres pièces (p. ex., direction, suspension) qui doivent aussi être réchauffées. En fait, la meilleure façon de faire est de faire rouler le véhicule à basse vitesse.

Selon Ressources naturelles Canada, si les automobilistes canadiens évitaient la marche au ralenti inutile pendant à peine trois minutes chaque jour de l'année, ils économiseraient 630 millions de litres de carburant et éviteraient le rejet inutile de 1,4 million de tonnes de dioxyde de carbone dans l'environnement. Ceci équivaudrait à retirer 320 000 voitures de la circulation annuellement!

Pour en savoir davantage sur la marche au ralenti, consultez Action contre la marche au ralenti de Ressources naturelles Canada.

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