« Mais quel est le plan de secours pour la planète? » Ban Ki-Moon

4 avril 2013 15:26:00 Catégories : adaptation changements climatiques climat

Lors de son discours le 3 avril à Monaco, Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l’ONU a lancé un appel vibrant à l’action contre les changements climatiques et pour l’environnement.

Le temps presse! Sur les quatre-vingt-dix objectifs qui avaient été adoptés d’un commun accord par la communauté internationale dans le domaine de l’environnement ces 20 dernières années, il n’y avait eu de progrès notables que pour quatre d’entre eux. 

« La dégradation de l’environnement et la fréquence et l’intensité accrues des phénomènes météorologiques extrêmes sont des symptômes que nous ne pouvons faire semblant d’ignorer. » a-t-il déclaré. Les risques sont nombreux. Les émissions de gaz à effet de serre augmentent et les changements climatiques s’accélèrent. La biodiversité continue de s’amoindrir à un rythme alarmant. Les stocks de poissons diminuent à vue d’œil, surtout à cause des excès de la pêche commerciale. Les océans deviennent plus acides, ce qui menace l’ensemble de la chaîne alimentaire marine. Partout, les récifs coralliens s’amenuisent. Ban Ki-moon est lui-même allé en Arctique et en Antarctique pour constater les effets des changements climatiques, qui sont pour lui une question prioritaire.

C’est l’approche de plusieurs seuils critiques qui inquiète Ban Ki-moon : « Des changements climatiques incontrôlables sont un risque réel, et une menace pour l’environnement de la planète, le développement durable et la sécurité des nations et leur stabilité économique. » Dans l’Arctique, les scientifiques craignent que le pôle Nord ne soit bientôt plus couvert de glace en été, ce qui déclencherait de dangereuses réactions en cascade. La glace est blanche et reflète le soleil.  L’eau, plus foncée, ne le reflète pas; elle absorbe la chaleur, ce qui fait fondre encore plus de glace. Une autre réaction en chaîne risque de se déclencher si le pergélisol de Sibérie et d’Alaska continue à fondre et à libérer le méthane qu’il recèle. Le méthane est un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le dioxyde de carbone.

Pour Ban Ki-moon, il sera bientôt trop tard : « Ce n’est pas d’hier que datent les préoccupations relatives aux changements climatiques et à la dégradation du milieu naturel. Depuis que la Conférence de Stockholm s’est tenue en 1972, puis le Sommet de la terre en 1992 et la Conférence Rio +20 l’an dernier, l’ONU s’efforce de faire prendre conscience de la menace, ainsi que des possibilités qui existent. Mais les paroles n’ont pas été suivies d’effets.
Nos modes de consommation sont incompatibles avec la santé de la planète. Notre empreinte écologique est démesurée. Nous devons agir maintenant si nous voulons qu’en 2050, la planète soit vivable pour ses 9 milliards d’habitants. »

L’urgence de l’action est défendue aussi par l’ex-commissaire au développement durable québécois, Harvey Mead, qui croit qu’il faut un changement radical de paradigme, pour pallier à l'échec des politiques environnementales. Il a déclaré dans Le Devoir : « Il est désormais trop tard pour espérer entreprendre un virage en douceur vers le développement durable et éviter la collision avec la réalité. » Une collision brutale pourtant anticipée par de nombreux sonneurs d’alarme à travers le globe. Saurons-nous les écouter et agir?

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