Le développement d’une communauté de pratique en adaptation santé aux changements climatiques : un projet pertinent?

3 mars 2014 15:18:00 Catégories : adaptation conférence mobilisation santé

Par Bénédicte Leclerc-Jacques, MBA Article au format PDF

Introduction

Dans la dernière décennie, les scientifiques ont commencé à mieux comprendre les effets des changements climatiques sur la santé des populations (McClymont Peace et Myers, 2012), et ont établi que les changements climatiques ne représentent plus uniquement un problème environnemental, mais bien un problème pour la santé au sens large (Costello et al., 2009). Dans cet esprit, faciliter le partage d’informations peut aboutir à une meilleure efficacité et efficience de la recherche dans le domaine de la santé et des changements climatiques. En effet, comme le notent Connor et al. (2010), la mise en commun d’informations permet le développement de meilleurs outils de surveillance et de contrôle en santé. Selon le quatrième rapport d’évaluation du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), cette surveillance est la composante la plus élémentaire de l’adaptation en santé publique aux changements climatiques. Le partage d’informations a son importance en adaptation, puisque notre capacité à répondre aux effets négatifs des changements climatiques sur la santé relève des informations fiables et actuelles que l’on détient sur le sujet. De plus, la gestion des effets des changements climatiques sur la santé doit être prise en charge par les différents secteurs de la société, comme le gouvernement ou la société civile, mais elle doit aussi faire l’objet d’une collaboration interdisciplinaire et internationale qui, jusqu’à maintenant, est très peu répandue (Costello et al., 2009).

Ainsi, l’INSPQ s’est récemment questionné sur la pertinence d’instaurer un partage des connaissances accru dans le domaine de l’adaptation de la santé aux changements climatiques, mais aussi sur la façon de le faire. De ce fait, une revue de la littérature a été réalisée sur le concept de communauté de pratique en adaptation aux changements climatiques et, notamment, sur le volet santé. Afin d’évaluer la faisabilité et l’intérêt pour un tel projet, un sondage a également été distribué aux praticiens de l’adaptation au sens large, au sein de réseaux majoritairement québécois, et ce, au cours de l’été 2013. Nous présentons ici le résultat de ces démarches.

Une communauté de pratique : pourquoi?

Selon Pelling et High (2005), la capacité d’adaptation découle de l’apprentissage social enchâssé dans les relations sociales. Cela renforce donc l’idée de la nécessité d’une collaboration entre les praticiens des domaines de la santé, de l’environnement et d’autres domaines pouvant aider à remédier aux impacts des changements climatiques sur la santé. Pour ce faire, il faut créer des réseaux regroupant ces experts qui pourront partager : les meilleures pratiques dans le domaine, des expériences, des conseils et apprendre les uns des autres. Dans cette optique, il existe différentes approches de gestion des connaissances et de réseautage, mais Wenger, le théoricien principal du concept de communauté de pratique (CdP), affirme que ces dernières sont les pierres d’assises du système d’apprentissage social, puisqu’elles agissent à titre de cadre social des compétences qui soutiennent ce système (Wenger, 2000).

Survol de la revue de la littérature

C’est donc dans cet esprit qu’une revue de la littérature a été effectuée avec pour objectif d’étudier le concept théorique de communauté de pratique, et d’évaluer s’il est approprié de l’appliquer pour un meilleur partage des connaissances en adaptation de la santé aux changements climatiques. Le but était de déterminer la pertinence et la faisabilité d’une telle communauté. Ainsi, des études portant sur des communautés semblables ont été identifiées dans la littérature. Toutefois, il existe très peu de littérature spécialisée sur les communautés de pratique en adaptation ou en changements climatiques. Ainsi, avant d’évaluer les quelques études relevées sur le sujet, la littérature scientifique concernant les concepts de base associés aux communautés de pratique a été recensée afin de pouvoir bien cerner le potentiel et l’étendue de cette approche de gestion des connaissances.

La définition du concept

Selon Wenger, McDermott et Snyder (2002 : 4), les communautés de pratique peuvent se définir comme suit : il s’agit de groupes de personnes qui partagent une préoccupation, un ensemble de problèmes ou une passion à propos d’un sujet, et qui approfondissent leurs connaissances et leurs expertises autour de ce sujet en communiquant ensemble de façon continue et à travers différents canaux.

Pour Wenger (2004), ces dernières possèdent trois caractéristiques essentielles : le domaine, la communauté et la pratique. Le domaine représente la délimitation du thème qui rassemble la communauté. C’est ce qui lui donne son identité et qui permet de déterminer les sujets principaux à aborder. La communauté évoque le groupe de personnes pour qui le domaine représente un intérêt. Ce groupe de personnes devrait idéalement déjà entretenir certaines relations sociales. Ces dernières sont vouées à se développer davantage au sein de la communauté grâce aux interactions et collaborations entre les participants. Enfin, la pratique relève du corpus de connaissances qui sont partagées et discutées; les méthodes, outils, histoires et documents que les membres développent ensemble. Il s’agit de la caractéristique qui démontre que les communautés de pratique sont proactives et qu’il ne s’agit pas simplement de partager des informations. C’est la combinaison de ces trois éléments essentiels qui permet aux communautés de pratique de gérer les connaissances; il faut donc leur porter une attention particulière.

Les différentes formes d’une communauté de pratique

La définition assez large d’une communauté de pratique peut parfois porter à confusion, mais ce concept évolutif s’est précisé avec l’ajout de certaines caractéristiques. En effet, selon Tremblay (2007), il existe trois grands types de communautés de pratique : informelles, supportées et structurées. Les communautés informelles sont celles qui se créent souvent de façon spontanée, qui ne sont pas soutenues par une organisation, et qui sont principalement caractérisées par un forum de discussion. Les communautés supportées, quant à elles, ont pour objectif de construire de nouvelles connaissances et capacités dans un certain domaine de compétence, ou au sein d’une certaine organisation, et elles sont souvent gérées par un commanditaire. La forme la plus « contraignante » est la communauté structurée. Ici, le but est de fournir une plateforme multidisciplinaire pour les membres qui détiennent un objectif commun. L’acceptation de membres dans la communauté est souvent plus limitée et le mandat de cette dernière est généralement défini par le commanditaire, sous approbation des membres.

De plus, il est à noter que la plupart des communautés de pratique d’aujourd’hui sont assez dispersées et opèrent donc à distance, souvent par l’intermédiaire d’un site web. Les communautés opèrent donc plus souvent de façon virtuelle qu’en face à face, comme auparavant. La tendance est ainsi à des communautés de pratique inter-organisationnelles, qui permettent aux individus d’entrer en contact avec des personnes d’autres organisations, pays et domaines (Paas et Parry, 2012).

Le succès d’une communauté de pratique

La forte participation des membres dans une communauté de pratique témoigne de son bon fonctionnement, et c’est ce dernier qui détermine son succès. Certains facteurs doivent ainsi être rassemblés afin de garantir ce bon fonctionnement. La figure ci-dessous est basée notamment sur les travaux d’Ardichvili et al. (2003), Chua (2006), Luijendijk et Arriëns (2009), Probst et Borzillo (2008) et Roberts (2006). Elle représente les facteurs de succès les plus cités dans les ouvrages et articles consultés.

Figure 1 :Facteurs clés de succès pour le bon fonctionnement d’une CdP

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D’autres facteurs peuvent aussi être garants du succès de la communauté de pratique, mais ont été observés moins fréquemment. Par exemple : un langage commun, le fait de pouvoir illustrer les succès de la communauté à ses membres, ou encore un commanditaire (une organisation) qui offre un soutien financier et organisationnel adéquat à la communauté.

Les effets directs et indirects des communautés de pratique

Les communautés de pratique ont généralement toutes pour effet de faciliter le partage des connaissances tacites, c’est-à-dire les connaissances qui font partie de l’expérience des individus, et non les connaissances écrites. Puisqu’elles représentent une grande partie du savoir et permettent souvent aux entreprises de détenir un avantage concurrentiel, le partage de ces dernières à l’interne est d’autant plus important. Par ailleurs, le climat des communautés de pratique est également idéal pour faciliter le partage des connaissances interdisciplinaires (Zboralski et Gemünden, 2006).

En ce qui concerne les effets pour les participants en tant qu’individus, les communautés de pratique permettent généralement l’augmentation des connaissances personnelles selon le niveau de participation. Cela permet d’ailleurs à certains d’augmenter leur capital social, ou encore d’acquérir un statut d’expert dans leur domaine. Cela est bénéfique pour l’individu, mais peut l’être également pour l’organisation où il est à l’emploi, car ces effets peuvent augmenter la satisfaction des employés au travail (Zboralski et Gemünden, 2006).

L’influence des instances publiques

Selon les buts et objectifs convenus au sein de la communauté de pratique, celle-ci peut permettre d’influencer les instances publiques, du moins dans le domaine de l’environnement, via le lobbysme et la mobilisation notamment. En effet, les recherches de Feldman et Ingram (2009) ont démontré que les décideurs politiques ont plutôt tendance à se fier aux opinions des membres de leur parti ou de leur entourage professionnel immédiat. Ainsi, une communauté de pratique peut permettre à certains scientifiques d’être considérés comme une opinion interne et, de ce fait, faciliter la transmission des informations aux décideurs politiques faisant également partie de cette communauté.

L’influence des instances publiques est d’ailleurs un but pertinent pour une communauté de pratique en adaptation santé aux changements climatiques. Comme démontré par Meadowcroft (2009), Juhola et Westerhoff (2011) et Dow et al. (2012), elles sont en effet nécessaires, ou du moins très utiles, pour une adaptation efficace aux changements climatiques, laquelle vise ultimement la sphère publique.

Les communautés de pratique en changements climatiques

Les études de cas portant plus précisément sur des communautés de pratique en adaptation aux changements climatiques mettent en lumière le fait qu’elles utilisent les mêmes outils et suivent les mêmes principes que les autres communautés de pratique. Bien qu’il existe des différences entre les communautés, chacune possédant des caractéristiques différentes des autres, le fonctionnement général semble être le même d’un domaine à l’autre. Paas et Parry (2012 : 22) sont positifs face à la nécessité des communautés de pratique en adaptation aux changements climatiques, ils considèrent qu’elles jouent un rôle clé dans la résolution des problèmes complexes.

Le questionnaire

La revue de la littérature a permis de mettre en lumière le fait que le partage des connaissances est nécessaire dans ce domaine et que le concept théorique de communauté de pratique est une technique appropriée et pertinente pour ce faire. Il était donc nécessaire de déterminer quels seraient l’intérêt et les besoins des futurs participants d’une telle communauté de pratique par l’intermédiaire d’un questionnaire. À cet effet, la théorie relevée a permis d’identifier certains éléments importants à valider, entre autres : les degrés de participation nécessaires, la forme préférée, les incitatifs à la participation et les activités à mettre en place. De plus, bien que la revue de la littérature ait servi de base pour la construction du questionnaire, à savoir quelles questions poser aux répondants et comment analyser leurs réponses, certaines modalités pratiques ne figuraient pas dans les caractéristiques examinées en théorie et ont dû être relevées par l’étude des sites Internet de communautés de pratiques virtuelles existantes.

Au total, 483 invitations à remplir le sondage ont été envoyées le 30 juin 2013, et l’accès au questionnaire a été bloqué le 22 juillet 2013. Ainsi, lors des 23 jours de la période estivale où le questionnaire était disponible, il y a eu 166 ouvertures du questionnaire. Parmi ces ouvertures, 142 questionnaires étaient analysables, ce qui indique un taux de participation de 34 % (tous les pourcentages ont été arrondis). Les répondants potentiels ont été sélectionnés selon le critère d’être praticien en adaptation au sens large, et un échantillon de convenance a été bâti à partir des listes d’envoi de l’INSPQ, d’Ouranos et d’autres sources.

Parmi les 142 questionnaires analysés, la connaissance du concept de communauté de pratique est divisée presque également; 73 personnes connaissaient le concept alors que 69 ignoraient son existence.

Quant à la nécessité d’établir une communauté de pratique francophone en adaptation santé aux changements climatiques, la réaction est favorable dans environ 90 % des cas. Au total, 43 répondants ont mentionné être très intéressés à participer à une communauté de pratique dans ce domaine, 74 intéressés et 18 peu intéressés. Seulement 7 répondants sur 142 ont déclaré ne pas être intéressés du tout. Ainsi, on peut considérer que l’intérêt pour la construction d’une communauté de pratique dans ce domaine est assez fort, puisqu’environ 95 % des répondants sont intéressés, à différentes intensités.

Ainsi, en ce qui concerne la participation potentielle, la figure qui suit démontre les résultats du sondage comparativement à la structure habituellement décrite dans la théorie.

Figure 2 :Participation habituelle en théorie VS participation potentielle en pratique

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Bien que les proportions obtenues ne correspondent pas tout à fait à la théorie, ce questionnaire établit un premier portrait de l’intérêt des répondants. Il pourrait être plus grand en réalité. De plus, bien que le noyau s’annonce un peu plus petit que ce qu’il devrait être (4 % contre 10 % en théorie), le groupe actif s’annonce, quant à lui, beaucoup plus grand qu’en théorie (53 % contre 20 % en théorie). La périphérie est, pour sa part, un peu plus petite que ce qui est attendu (43 % contre 70 % en théorie) .D’ailleurs, au sein de la périphérie, seulement 11 % des répondants comptent n’être qu’observateurs, les autres comptent participer faiblement. En résumé, la participation potentielle correspond à une communauté de pratique qui peut avoir du succès.

Comme mentionné dans la revue de la littérature, une communauté de pratique peut être supportée ou structurée, cependant, elle ne peut être montée de toutes pièces, sans aucune base. En effet, elle doit s’appuyer sur une base de relations sociales et/ou professionnelles. Brisson et al. (2011) ont déterminé qu’à l‘INSPQ, les praticiens en santé environnementale font effectivement déjà partie d’une communauté de pratique informelle. Ce climat étant idéal pour la mise en place d’une communauté de pratique supportée ou structurée, il était intéressant de savoir si les praticiens de l’adaptation au sens large considéraient déjà faire partie d’une communauté de pratique dans leur milieu respectif. En fin de compte, environ 40 % des répondants considèrent déjà faire partie d’une communauté de pratique informelle avec leurs collègues. Les commentaires reliés à cette question démontrent que l’activité principale est d’avoir des contacts avec des collègues et de partager des informations sur certains sujets.

De surcroît, comme plusieurs auteurs l’ont précisé, une communauté de pratique augmente ses chances d’être bénéfique si elle est multidisciplinaire. L’étude des communautés de pratique en changements climatiques et en adaptation le démontre également; la multidisciplinarité peut être très profitable. Afin de confirmer ou infirmer les résultats observés dans la littérature, les répondants ont dû se questionner sur la nécessité de la multidisciplinarité en adaptation santé aux changements climatiques, ainsi que les disciplines qui devraient s’allier. Comme prévu, 100 % des répondants considèrent, à différentes intensités, la multidisciplinarité comme étant nécessaire dans ce domaine. Quant à l’ouverture de la communauté, une majorité (75 %) considère qu’elle devrait être ouverte à tous alors que d’autres préfèreraient une communauté comportant certains critères de sélection. Toutefois, les commentaires qui accompagnent les choix de réponse démontrent que, même s’il y a un intérêt à ce que la communauté de pratique soit ouverte à tous afin de récolter le plus d’informations pertinentes possible, il y a un grand souci en ce qui a trait à la qualité de l’information. Pour ceux qui désiraient des critères de sélection, le fait de travailler dans le domaine de l’environnement (79 %), ainsi que dans le domaine de la santé (76 %), ont été les critères dominants. Autrement, les répondants évoquent, entre autres, le fait d’être motivés ou de pouvoir apporter quelque chose à la communauté.

De plus, comme la tendance observée ces dernières années le démontre, grâce aux technologies de l’information, la volonté des répondants est d’avoir une communauté de pratique virtuelle et en personne (79 %). Aucun répondant n’a opté pour une communauté uniquement en personne, et une minorité pour une communauté uniquement virtuelle (22 %).

En ce qui concerne la faisabilité de la communauté de pratique, les éléments nécessaires, selon Wenger, sont rassemblés. D’abord, la communauté, définie comme un groupe de personnes ayant des relations sociales, est en partie déjà présente comme le démontre l’étude de Brisson et al. Ainsi, la construction d’un climat de confiance est plus probable et moins difficile. Ensuite, le domaine de la communauté est approprié puisque l’adaptation santé aux changements climatiques est un sujet assez bien délimité. Il y a donc plusieurs angles à aborder, en limitant la possibilité de s’éloigner du sujet et de perdre l’intérêt d’une partie des participants. De plus, le domaine de la communauté permet de rassembler une participation multidisciplinaire. Enfin, la pratique pourrait effectivement être développée, puisqu’il s’agit du corpus de connaissances de la communauté et que les résultats du questionnaire démontrent un intérêt assez important quant à la production et l’utilisation de l’information qui pourraient être produites et partagées.

Par ailleurs, en ce qui a trait aux impacts de la communauté, 82 % des répondants considèrent que la communauté de pratique devrait permettre l’influence des instances politiques. De plus, 86 % des répondants considèrent que la communauté de pratique pourrait permettre une meilleure communication de l’information aux instances politiques, et des politiques publiques plus appropriées. Aussi, 77 % des répondants considèrent que l’influence auprès des instances publiques (lobby) est un objectif pertinent pour une communauté de pratique en adaptation santé aux changements climatiques. De ce fait, certaines mesures pour faciliter cet objectif seraient à prendre en considération, puisqu’il semble que la majorité des répondants considère qu’il s’agit d’un but légitime.

Dans tous les cas, une convergence importante a pu être remarquée grâce à ce questionnaire; convergence qui confirme la nécessité du partage d’informations en adaptation, santé et changements climatiques. Quant à la communauté de pratique comme approche de gestion de ces connaissances, le questionnaire permet de conclure qu’elle est considérée comme appropriée en termes techniques par les répondants. De plus, le fait que certains résultats du questionnaire corroborent la théorie sur le sujet (par exemple la nécessité d’une multidisciplinarité), cette technique semble encore plus adéquate. Quant aux modalités techniques de la communauté de pratique, plusieurs peuvent déjà être développées, mais certaines devront être ajustées pendant et après leur implantation. En bref, les bases pour l’élaboration d’une communauté de pratique efficace sont bel et bien présentes.

Présentation du projet lors de la Conférence sur l’adaptation santé aux changements climatiques d’octobre 2013

En outre, la présentation de ce projet lors de la Conférence sur l’adaptation santé aux changements climatiques d’octobre 2013 a été reçue avec intérêt de la part des participants, qui ont d’ailleurs en totalité, sinon en grande majorité, été invités à répondre au questionnaire discuté précédemment. La présentation d’un projet de charte pour la communauté de pratique a fait l’objet de discussions, mais son contenu semblait généralement être approuvé par les praticiens présents. Les quelques individus s’étant démarqués en émettant plus de commentaires lors des discussions démontrent qu’il existe un intérêt important pour le projet de communauté de pratique, donc que le potentiel pour la formation du noyau de cette dernière est palpable.

Les ajustements majeurs devraient ainsi porter sur le titre de la communauté et la définition de sa portée. En effet, comprise au départ comme étant une communauté internationale, mais francophone, certains participants ont mentionné l’importance d’un titre permettant la justification, auprès de leur employeur, d’une participation durant les heures de travail. De plus, malgré certaines hésitations, la caractéristique francophone proposée pour la communauté de pratique a été retenue. Enfin, l’ouverture de la communauté demeure une modalité à approfondir, puisqu’aucun résultat unanime n’a pu être dégagé des discussions.

Conclusion

En conclusion, la perspective d’une communauté de pratique en adaptation santé aux changements climatiques est positive et porteuse d’un intérêt, qui peut être qualifié de fort à ce stade. Par ailleurs, les données recueillies par l’intermédiaire du sondage ainsi que la prise en compte des commentaires des participants à la conférence faciliteront la construction d’une communauté de pratique qui incite à la participation. Les déterminants théoriques mis en évidence par la revue de la littérature étant également présents, il semble que le contexte pour le développement de cette communauté soit désormais bien ancré. Par ailleurs, l’intention de la création d’un comité de démarrage pour l’élaboration de cette communauté, exprimée lors de la conférence d’octobre 2013, annonce un avenir prometteur pour un tel projet.

Réalisé dans le cadre d’un stage supervisé par Pierre Gosselin, pour le projet FACE
de l’initiative IRACC (http://face.ete.inrs.ca).
Remerciements au Fonds vert pour le financement.

Source : Le BISE

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