GIEC: Les émissions de gaz à effet de serre s'accélèrent malgré les efforts de réduction

15 avril 2014 10:52:00 Catégories : adaptation changements climatiques climat giec

Selon un nouveau rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont augmenté jusqu’à des niveaux sans précédent malgré un nombre croissant de politiques de réduction des changements climatiques. Les émissions ont progressé plus rapidement entre 2000 et 2010 qu’au cours de chacune des trois décennies précédentes. Le rapport du Groupe de travail III, intitulé Changements climatiques 2014: atténuation du changement climatique, est le troisième des rapports de trois groupes qui, avec un Rapport de synthèse à paraître en octobre 2014, constituent le cinquième Rapport d’évaluation du GIEC sur l’évolution du climat.

Selon certains scénarios, pour avoir une chance de limiter l’augmentation de la température moyenne mondiale à 2 °C, il faudra réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 40 à 70 % par rapport à 2010 d’ici le milieu du siècle et les éliminer presque totalement d’ici la fin du siècle. Des mesures ambitieuses d‘atténuation pourraient même exiger une extraction directe du dioxyde de carbone de l’atmosphère. Il serait possible, grâce à toute une gamme de mesures techniques et de changements de comportement, de limiter la hausse de la température mondiale à 2 °C au-dessus des niveaux préindustriels. Toutefois, ce n’est que grâce à des bouleversements institutionnels et technologiques majeurs qu’il y aura plus d’une chance sur deux pour que le réchauffement mondial ne dépasse pas ce seuil.

D’après M. Edenhofer, coprésident du groupe de travail III du GIEC «De nombreuses mesures peuvent permettre de respecter la limite des 2 °C, mais elles exigeront toutes des investissements importants. On peut limiter les frais associés en évitant de retarder encore les dispositions d’atténuation et en faisant appel à des techniques très variées.»  Les évaluations du coût économique de l’atténuation sont très variables. Dans les scénarios ne prévoyant aucun changement, la consommation croît de 1,6 à 3 % par an. Des mesures ambitieuses d’atténuation réduiraient cette croissance à environ 0,06 % par an. Toutefois, les chiffres correspondants ne tiennent pas compte des avantages économiques d’une atténuation des changements climatiques. 

Pour stabiliser la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, il faudrait réduire les émissions dans le secteur de la production et de l’exploitation d’énergie, dans les transports, dans les bâtiments, dans l’industrie, dans le domaine de l’affectation des sols et dans celui des établissements humains. Les actions d’atténuation mises en oeuvre dans un secteur permettront de déterminer les besoins qui existent dans d’autres. L’élimination presque totale des émissions imputables à la production d’électricité est une condition commune à divers scénarios ambitieux d’atténuation, mais il est également important d’exploiter l’énergie de façon efficace.

Selon M. Pichs-Madruga, coprésidents du groupe de travail III du GIEC «La réduction de la consommation d’énergie nous donnerait plus de souplesse quant au choix de techniques énergétiques à faible intensité de carbone, dès maintenant et à l’avenir. Elle pourrait aussi accroître la rentabilité des mesures d’atténuation. Depuis la publication du quatrième Rapport d’évaluation, on s’intéresse à des politiques climatiques conçues pour offrir plus d’avantages connexes et pour réduire les effets secondaires néfastes.»

M. Edenhofer a aussi déclaré «L’évolution du climat est un problème lié au patrimoine mondial. Une coopération internationale est essentielle pour atteindre les objectifs visés en matière d’atténuation. C’est un défi en soi que de mettre en place les institutions internationales nécessaires à cette coopération.»

Source : GIEC
En savoir plus : Le résumé pour les décideurs du rapport du GIEC groupe de travail III

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