Découverte d'un nouveau type de virus géant âgé de plus de 30 000 ans

10 mars 2014 16:28:00


© Julia Bartoli & Chantal Abergel, IGS, CNRS/AMU Image colorisée d'une coupe de Pithovirus sibericum observée en microscopie électronique à transmission. Ce virion, vieux de plus de 30 000 ans, mesure 1,5 µm de long pour un diamètre de 0,5 µm ce qui en fait le plus gros virus jamais découvert

Un nouveau type de virus géant, baptisé « Pithovirus », a été découvert dans le sol gelé de l'extrême Nord-Est sibérien par des chercheurs français.
En étudiant un échantillon de sol gelé en provenance de l'extrême Nord-Est sibérien, les chercheurs ont eu la surprise d'y découvrir un nouveau virus géant âgé de plus de 30 000 ans. Ce virus est contemporain de l'extinction de l'homme de Néandertal. Les chercheurs l’ont appelé « Pithovirus sibericum ».

L'analyse approfondie de Pithovirus révèle qu'il n'a quasiment aucun point commun avec les virus géants précédemment découverts. Il inaugure donc une nouvelle famille de virus, portant à trois le nombre de familles de virus géants connus à ce jour. Cette découverte, venant rapidement après celle des Pandoravirus, suggère aussi que la diversité des virus en forme d'amphore est peut-être aussi grande que celle des virus dits « icosaédriques » (qui a une forme de polyèdre à 20 faces), qui sont parmi les plus répandus à ce jour. Heureusement ce virus n’affecte pas les humains.

Cette étude montre que des virus peuvent survivre dans le pergélisol (couche de sol gelé en permanence des régions arctiques) sur des périodes quasiment géologiques, c'est-à-dire sur plus de 30 000 ans. Cette démonstration a des implications importantes sur les risques de santé publique liés à l'exploitation des ressources minières et énergétique des régions circumpolaires que le réchauffement climatique rend de plus en plus envisageable. La résurgence de virus considérés aujourd'hui comme éradiqués, tel celui de la variole dont le processus de réplication est similaire à celui des Pithovirus, n'est désormais plus du domaine de la science-fiction. La probabilité d'un tel scénario devrait être estimée de manière réaliste.
Le laboratoire « Information génomique et structurale » et les équipes du laboratoire Biologie à grande échelle (CEA/Inserm/Université Joseph Fourier), du Génoscope (CEA/CNRS) et de l'Académie des sciences de Russie ont contribué à cette découverte.
Cette étude nous rappelle que notre connaissance de la biodiversité microscopique reste partielle dès que l'on explore de nouveaux environnements. La prudence reste de mise pour protéger la santé des humains !

Source : CNRS

Références :
Thirty-thousand-year-old distant relative of giant icosahedral DNA viruses with a pandoravirus morphology. M. Legendre, J. Bartoli, L. Shmakova, S. Jeudy, K. Labadie, A. Adrait, M. Lescot, O. Poirot, L. Bertaux, C. Bruley, Y. Couté, E. Rivkina, C. Abergel, J-M. Claverie. PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences USA). Semaine du 3 mars 2014.

 

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