Besoin d'une action mondiale d'envergure en matière de réduction d'émissions de gaz à effet de serre

6 novembre 2013 13:24:00

Le rapport PNUE

Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) a publié le rapport 2013 sur l'écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction d'émissions de CO2. Alors que les dirigeants sont sur le point de se réunir à Varsovie à l'occasion de la dernière Conférence des parties sur les changements climatiques, ce rapport constate que même si il est encore possible d'atteindre l'objectif de 2°C (d’augmentation de température moyenne du globe), le manque d’effort en matière de réduction des émissions aggravera les problèmes d'atténuation après 2020. Si la communauté internationale ne prend pas immédiatement des mesures de grande envergure pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), il ne sera plus possible de maintenir la hausse des températures en dessous des 2°C au cours de ce siècle, ce qui créera de nombreux problèmes.

« Comme le souligne le rapport, le report des mesures entraînera une augmentation des changements et, probablement, des impacts climatiques à court terme, ainsi que la poursuite de l'utilisation d'infrastructures énergivores à forte intensité de carbone. Cette dépendance ralentit l'introduction de technologies respectueuses du climat et réduit les choix de développement permettant à la communauté internationale de construire un avenir vert durable », a déclaré Achim Steiner, Secrétaire général adjoint des Nations unies et Directeur exécutif du PNUE. « Toutefois, il demeure possible d'atteindre l'objectif de 2020 en renforçant les engagements actuels et en prenant des mesures supplémentaires, notamment l'intensification des initiatives de coopération internationale dans des domaines tels que l'efficacité énergétique, la réforme des subventions aux combustibles fossiles et les énergies renouvelables », a-t-il ajouté.

Si rien ne change et que les engagements pris ne sont pas respectés, il est prévu que les émissions atteignent 59 Gt éq-CO2 en 2020. Les scientifiques s'accordent à dire que les risques de dommages irréversibles à l'environnement augmenteraient de manière significative si, d'ici la fin du siècle, la hausse moyenne de la température mondiale dépassait de 2°C les niveaux de l'ère préindustrielle.

« Alors que nous nous rendons à Varsovie à l'occasion de la dernière série de négociations sur le climat, tous les pays doivent vraiment revoir leurs ambitions à la hausse, afin de pouvoir combler plus profondément et plus rapidement l'écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions et assurer un avenir durable à tous », a déclaré Christiana Figueres, Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. « Toutefois, davantage d'ambition ne suffira pas à faire face aux réalités scientifiques des changements climatiques. C'est la raison pour laquelle il est urgent de parvenir, à l'horizon 2015, à un nouvel accord universel qui permette d'intensifier la coopération internationale. »

Si l'on n'accentue pas les efforts et la détermination dès à présent, des réductions plus rapides et plus coûteuses des émissions seront nécessaires à un stade ultérieur, ce qui entraînera des coûts d'atténuation élevés et des difficultés économiques accrues lors de la transition vers une politique climatique globale.
Un autre rapport du PNUE indique que les coûts d'adaptation pour l'Afrique pourraient atteindre 350 milliards de dollars par an d'ici 2070 si l'objectif des deux degrés était sensiblement dépassé. En revanche, ils diminueraient de 150 milliards de dollars si l'objectif était atteint.

Il est possible d'atteindre l'objectif pour 2020
Même si les occasions d'agir diminuent, il reste possible d'atteindre l'objectif de 44 Gt éq-CO2/an d'ici 2020 en prenant sans tarder des mesures fermes. En ajoutant la réduction due au resserrement de la réglementation, la mise en œuvre sans conditions d'engagements ambitieux et l'élargissement de la portée des engagements actuels pourraient permettre à la communauté internationale de combler environ la moitié de l'écart. Le rapport indique que l'écart restant pourrait être comblé grâce à de nouvelles mesures internationales et nationales, notamment par l'intermédiaire d'initiatives de coopération internationale.

En savoir plus :
Portail du PNUE sur les changements climatiques : http://www.unep.org/climatechange/

CCNUCC : www.unfccc.int

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