Ashton Hayes, Angleterre : des leçons à tirer!

15 septembre 2016 14:31:00

Connaissez-vous Ashton Hayes? Ce petit village d’Angleterre a réussi, en 10 ans, à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 24 %. Encore plus, ses 1000 habitants ont réussi à accomplir cet exploit par eux-mêmes, sans initiative gouvernementale. Ce village est un exemple pour l’un des plus grands défis relatifs aux changements climatiques : convaincre les gens qu’ils peuvent et doivent agir pour modifier leurs comportements.

Trop souvent, les scénarios catastrophes ou la culpabilité sont employés pour inciter les gens à agir pour lutter contre le changement climatique. Pourtant, il pourrait s’agir de l’une des plus mauvaises stratégies d’intervention, selon le norvégien Per Espen Stoknes. Ce psychologue a défini cinq barrières psychologiques à contrer pour passer un meilleur message en matière d’action face au changement climatique : l’éloignement social, temporel et spatial de la problématique, la dissonance (dont nous avons traité dans notre Bulletin de l’été 2016), le déni, l’identité culturelle et le « destin tragique ». « En effet, renforcer le sentiment d’une destinée obscure et sans porte de sortie n’incite pas les individus à changer de paradigme et casser les codes du business as usual. Trouver une voie alternative pour un demain acceptable et digne ne fait-il pas appel, au contraire, à innovation et créativité ? Think out of the box ».

C’est précisément ce qu’on fait les habitants de Ashton Hayes. Ils ont commencé par organiser des réunions de village autour d’un « vins et fromages » pour échanger sur des façons de faire, souvent de petits changements, pour réduire leurs émissions : utiliser les cordes à linge plutôt que la sécheuse, installer les panneaux solaires, mieux isoler les maisons… Et les efforts de cette petite communauté se disséminent à travers le monde : des communautés d’Ontario, du New Jersey, de Taiwan et de Norvège se sont rendues à Ashton Hayes pour comprendre comment cette communauté avait réussi à modifier ses habitudes. « Peu importe ce que vous tentez de faire, si vous créez de l’enthousiasme et que vous partagez les connaissances, généralement, les gens vont réagir de façon positive », indique Janet Gullvaag, une conseillère municipale de Notteroy (Norvège).



Per Espen Stoknes. What We Think About When We Try Not To Think About Global Warming, Toward a New Psychology of Climate Action.

Niveau avancébouton régulier